4ème partie : les asiates
Chapitre 8 – Les trois Augustes : Shennong

Shennong , le divin laboureur
Il a une connaissance approfondie des graminées et invente l’agriculture, ainsi que la houe et la charrue, avec lesquelles il dessine le champ “tian” carré divisé en quatre carrés égaux.
les protubérances sur son crâne rappellent qu’on lui prêtait une tête de bovidé, la collerette de feuilles son rôle d’herboriste
Maître et fondateur mythique de la civilisation, Shennong remonte au IIIè millénaire avant JC
Shennong appartient aux divinités cosmiques, Dieux de la Nature, des Eaux, des Rivières et du Temps. On lui attribue l’invention de l’agriculture à partir de la connaissance de ” cent espèces de graminées ” et des instruments agricoles (la charrue, la houe notamment). Shennong ” le divin laboureur “, ou ” le divin fermier “, découvrit aussi les vertus médicinales des herbes, fonda la médecine et devint ensuite membre du Premier Bureau du Ministère Céleste de la Santé.
Shennong est né d’une jeune fille, Andeng et d’un dragon céleste qui avait pris forme humaine : l’enfant naquit donc avec deux cornes sur la tête. Il est présenté parfois sous l’aspect d’un sage avec un crâne bosselé et un système pileux fourni, ou bien avec une tête de bœuf ou de buffle, puisqu’il avait inventé le labour par la charrue tirée par un buffle. Il est habituellement représenté avec un visage noir, mais des statuettes de Shennong avec un visage rouge ou rose existent aussi.
Il est à moitié nu puisque les vêtements ne sont apparus qu’ultérieurement à sa vie.
Shennong était d’une grande intelligence. A cette époque, les hommes vivaient de chasse, de
pêche et de cueillette, et ils étaient souvent victimes de bêtes féroces, et connaissaient souvent la faim.
Un jour, ” Shennong vit voler un oiseau rouge qui tenait en son bec une tige garnie de neuf épis de céréales, dont les graines tombèrent sur le sol. “
Plus tard il observa les jeunes pousses sortir de terre, grandir pour devenir un épi de grains de millet. Le grand oiseau revint les picorer, ” Shennong comprit ce qui s’était passé, et il pensa : “j’ai devant moi l’aliment qui sauvera l’humanité ; grâce à ces graines, les hommes pourront survivre.” Il fit pousser du millet et réussit à convaincre les hommes de le goûter. C’est ainsi que l’agriculture apparut sur terre. Les hommes apprirent à cultiver les plantes, le riz, le millet, le maïs, le blé, les haricots. Shennong inventa la charrue, les houes, les bêches pour faciliter ce travail.
Trouver de la nourriture était plus facile, et les hommes se bâtirent des maisons.
Mais les maladies étaient fréquentes et Shennong voulut encore aider les hommes. ” Un jour qu’il passait près d’une caverne, il entendit des plaintes de douleur. Un vieillard gémissait tant il avait mal au ventre. Shennong se souvint d’avoir eu mal, lui aussi, et d’avoir été soulagé en mangeant des baies rouges, trouvées par hasard. Shennong retrouva les baies, les cueillit puis les apporta au vieillard, qui les avala et se sentit mieux. Shennong avait compris que parmi les plantes, les fruits, les fleurs et les feuilles, certains étaient nocifs, mais que d’autres pouvaient guérir les maux.” Il goûta alors toutes les plantes afin d’en vérifier l’effet sur lui. Il les classa suivant leur goût (sucré, piquant, salé, amer, fade, acide). Parfois il s’empoisonnait, mais il trouvait dans ses récoltes des remèdes pour le sauver. L’Empereur céleste voulut le récompenser de son dévouement pour les hommes, et il transforma en fouet magique la perche de bambou dont Shennong se servait pour repousser les serpents qu’il rencontrait dans les herbes. ” présent, lorsque Shennong touchait une plante, celle-ci révélait ses vertus médicinales en prenant une couleur particulière.
Shennong continua tout de même à expérimenter les plantes lui-même avant de les donner aux hommes. Il inventa la conservation de ces plantes en les faisant sécher.
Shennong vit un jour une très belle fleur jaune qu’il n’avait encore jamais rencontrée. Il posa son fouet, grimpa la falaise pour l’attraper et la porta à sa bouche. Il fut pris de terribles maux de ventres et mourut empoisonné peu après. Les hommes nommèrent cette fleur ” Duanchang “, la fleur qui détruit le ventre. ” chaque floraison, les hommes se souviennent du divin laboureur qui s’est dévoué et sacrifié pour eux. “
Sources : Mémoires de la cour céleste , Mythologie populaire Chinoise , de Jacques Pimpaneau
Shennong
Shennong ou Shen Nong est un héros civilisateur de la mythologie chinoise, l’un des trois Augustes. On lui prête l’invention de la houe, de l’araire et du champ, de la culture des cinq aliments de base (attribuée aussi à Huangdi), la découverte du thé et des vertus médicinales des plantes, ainsi que le Shandong bencaojing des Han occidentaux, premier traité chinois de phytothérapie
Depuis l’Antiquité, de nombreux médecins célèbres ont été surnommés, par respect, « rois de la médecine », et des temples leur ont été dédiés en plusieurs endroits. Par exemple, le Temple du roi de la médecine de la ville de Anguo (Hebei) présente dix médecins célèbres de l’Antiquité, dont Pi Tong, Bian Que, Hua Tuo, Zhang Zhongjing, Huangpu Mi et Sun Simiao, tous connus grâce à leur art médical de haut calibre et à leur contribution remarquable au développement de la médecine chinoise.
Shennong, martyr de la médecine et des médicaments traditionnels chinois
La médecine et les médicaments traditionnels chinois, dont l’histoire est très longue, ont été formés progressivement grâce aux connaissances acquises, durant la vie et par la pratique, sur les propriétés médicinales des plantes, des animaux et des minéraux
Mais cette progression est due aussi aux expériences et aux leçons accumulées par les gens dans leur lutte contre les maladies. Leur ancêtre est Shennong, le Yandi de l’Antiquité.
Dans les temps anciens, outre toutes sortes de calamités naturelles, la faim et les maladies constituaient la pire menace pour le genre humain. Shennong contribua à résoudre ces deux problèmes. Il apprit aux gens non seulement comment distinguer les fruits et les légumes sauvages, mais encore comment cultiver et récolter des céréales pour contrer la faim.
Lorsque les gens étaient confrontés à des maladies, Shennong allait un peu partout afin de trouver des herbes médicinales, et il en goûtait lui-même pour connaître leur nature et leurs effets. Il finit par découvrir bon nombre de plantes pouvant guérir des maladies. On racontait qu’il aurait été empoisonné 72 fois en un seul jour et qu’il serait mort des effets d’une plante hautement toxique.
Bien que, même aujourd’hui, on ne sache pas si Shennong a vraiment existé, on vénère toujours la mémoire de cet ancêtre légendaire qui sacrifia sa vie pour la survie et la multiplication de la nation chinoise. Les anciens l’imaginaient comme une divinité ayant la tête d’un bœuf et un corps humain, et ils considéraient Shennongjia comme son lieu de naissance et le berceau de sa tribu. Shennongjia est une forêt montagneuse de la province du Hubei qui prit son nom parce que, selon la légende, Shennong y aurait dressé une hutte pour cueillir des plantes médicinales.
Shennongjia est aussi un lieu sacré écologique qui garde un aspect vierge; on y trouve non seulement une flore et une faune précieuses, mais encore de riches ressources pour la médecine traditionnelle chinoise, y compris plus de 2 000 espèces médicinales. C’est sur cette terre fertile que Shennong créa la plus ancienne civilisation agricole et médicinale de la nation chinoise.
Le Shen nung pen Ts´ao king
Le Shen nung pen Ts´ao king est plus vieux livre connu sur l’agriculture et des plantes médicinales. Sa paternité a été attribuée au mythique empereur chinois Shennong, qui aurait vécu aux environs de 2800 avant J-C. En réalité, cette œuvre pourrait être plus jeune de plusieurs siècles : la plupart des chercheurs suppose une compilation écrite des traditions orales autour de 300 à 200 ans avant notre ère. L’original n’existe plus et devait être constitué de trois volumes contenant les représentations des plantes médicinales et leur description.
Le premier traité comportait 120 drogues, inoffensives pour l’homme, aux propriétés stimulantes : le reishi, le ginseng, le jujube, l’orange, le cannelier de Chine, le cirse des champs ou encore le réglisse (Glycyrrhiza uralensis)…
Le second volume était consacré à 120 substances thérapeutiques, destinées à soigner les malades, mais plus ou moins toxiques. Dans cette catégorie, on retrouve le gingembre, les pivoines et le concombre. Les substances de ce groupe sont qualifiées d’humaines.
Enfin le dernier volume représentait 125 entrées, correspondant à des matières qui ont une action violente sur les fonctions physiologiques et sont généralement vénéneuses. La rhubarbe, différents aconits et les noyaux de pêches en font partie.
Au XVIe siècle, Li Shi-Zhen s’appuya sur le pen Ts’ao king pour écrire son immense ouvrage botanique, le Pen ts´ao kang mu.