4ème partie : les asiates
Chapitre 12 – Les cinq empereurs : Yao

Yao empereur de Chine -2357à -2255
L’histoire
Le Shangshu ou Livre des annales, est constitué de documents d’archives relatifs aux souverains des dynasties de la plus haute antiquité, les Xia, les Shang et les Zhou. Un partie en est consacrée aux Règles de l’empereur Yao et fait l’éloge des gestes et des paroles du souverain semi-légendaire Yao. Il rappelle que le souci constant des souverains était de réguler les grands cours d’eau qui sillonnent le territoire. Ce texte s’insère parmi les récits mythiques ou semi-historiques ayant trait aux grandes inondations.
Yao
Le règne de Yao est celui d’un souverain mettant en place de bonnes condition de vie pour sa population
Lors de la formation de la nation Huaxia, il y a 4000 ans, plusieurs grands hommes, comme Yao, Shun et Yu se sont distingués.
La légende raconte que Yao était le descendant de l’empereur Huangdi, considéré comme le fondateur de la nation Huaxia. Intelligent et bon, Yao fut respecté par son peuple. A 16 ans, il fut désigné chef de sa tribu. Selon les livres anciens, Yao aurait fait de Pingyang -l’actuelle ville de Linfen, dans la province du Shanxi (au Nord-Ouest de la Chine), la capitale du pays. Aujourd’hui encore, on trouve à Linfen, le temple de Yao de l’époque de la dynastie des Jin (265-420) et son tombeau construit à l’époque des Tang (618-907).
Durant le règne de Yao, de nombreux hommes de talent lui furent recommandés et ces derniers assumèrent des postes importants. Impartial, Yao s’évertua à récompenser ou à sanctionner ses fonctionnaires à leur juste valeur. Yao accorda aussi une grande importance à l’entente entre tribus. A ce moment-là, le clan de Yao entra dans une phase de prospérité.
Par ailleurs, il fit instaurer un calendrier pour faciliter les activités agricoles. Les Chinois de l’Antiquité ont alors considéré le règne de Yao, comme une période de développement rapide dans le domaine de l’agriculture.
Yao gouverna pendant 70 ans. Puis, il ressentit la nécessité de choisir son successeur. Il organisa alors une sélection ouverte dans toute la tribu. De nombreux chefs régionaux lui recommandèrent Shun pour sa piété et sa bonne gestion des affaires familiales. Yao décida alors d’en avoir le coeur net par lui-même et le soumit à quelques épreuves.
Il maria d’abord ses deux filles Ehuang et Nuying à Shun, pour pouvoir l’observer de plus près.
Il confia ensuite à Shun la mission d’instruire le peuple en suivant les cinq principes suivants : l’impartialité du père, la gentillesse de la mère, le sens de la responsabilité du frère aîné, le respect du cadet, et la piété filiale. Shun s’acquitta parfaitement de cette tâche. Par la suite, Yao confia à Shun, la tâche de gérer l’ensemble des fonctionnaires et de recevoir les chefs des autres tribus. Encore une mission réussie. Enfin, Yao l’obligea à vivre en reclus au milieu des bois dans les montagnes pendant un certain temps.
La légende
Récit de la légende du premier empereur de l’Antiquité chinoise, l’empereur Yao. La bonté dont aurait fait preuve cet homme s’est manifesté aussi parmi le peuple, ce qui aurait permis, selon la légende, de faire face et d’endiguer tous les problèmes.
Pour montrer la force de l’empereur et manifester le respect et l’affection infinie du peuple pour l’empereur, les ministres voulaient lui construire un palais. Ils voulaient couvrir d’or le sol, lui construire des marches en jade, des piliers en marbre et damasquiner (incruster d’or, d’argent et de cuivre) le soleil, la lune et les étoiles sur les plafonds.
Quand Yao fut au courant, il dit : « On va construire un palais, c’est certain, mais c’est moi qui décide comment il sera. »
Yao conduit alors les ministres à bâtir quelques chaumières en utilisant les grumes et les roseaux de la montagne. L’empereur voulait coucher dans l’une des chaumières.
Tous les ministres parlaient de cet événement : « Votre majesté loge dans une chaumière? Comment votre majesté peut-elle montrer sa puissance imposante ? » Mais Yao répondit : « En ce moment le peuple est dans la peine, la construction d’un palais luxueux gaspille les ressources en hommes et en matériel, si l’empereur fait souffrir son peuple, de quelle puissance imposante parlerez-vous ? Ce que doit faire l’empereur c’est éliminer les soucis du peuple et l’aider à surmonter les difficultés. », suite à quoi il envoya des ministres se renseigner sur les conditions de vie du peuple.
Un jour, Yao vit un monsieur se jeter sur la bordure de la route. Yao lui demanda avec sollicitude : « Qu’est-ce que vous avez ? » Le monsieur répondit avec une voix faible : « J’ai faim… » Alors Yao lui remit ses provisions de voyage et lui dit : « Allez manger, c’est moi qui vous fait souffrir de faim ! » Le monsieur fut si ému qu’il se mit à pleurer à chaudes larmes et mangea comme un affamé. Yao dit à sa suite de ministres : « Affectez une partie de ma nourriture aux gens qui souffrent de la faim. » Les ministres rétorquèrent : « Et vous alors ? » Yao répondit : « Je peux manger plus léger avec davantage de nourriture provenant de la forêt. » Les ministres firent alors comme Yao leur avait demandé, ils distribuèrent une partie de leur nourriture aux gens souffrant de la faim.
Le lendemain, Yao et sa suite de ministres allèrent devant la porte d’une grotte, ils voulaient boire à cet endroit. La voix d’une fille dans la grotte se fit entendre : « Il n’y a personne chez moi, n’entrez surtout pas ! » Les ministres répondirent : « N’ayez pas peur, c’est l’empereur qui est arrivé, ouvrez vite la porte. » La fille était presque en pleur d’inquiétude et refusait toujours d’ouvrir.
Alors un monsieur portant un fagot sur le dos s’approcha et dit : « Excusez-moi, c’est ma fille, elle n’a pas de vêtement à mettre malgré son âge, c’est pour ça qu’elle ne peut pas vous ouvrir. » Yao fut au bord des larmes quand il entendit cela, il ouvrit son sac en toute hâte et sortit un pantalon au père de la fille. Le père refusa et s’exclama : « Comment puis-je prendre votre pantalon ! » Yao dit avec tristesse : « Je n’ai pas bien gouverné le pays, c’est pour cette raison que votre fille n’a pas de vêtement à mettre, je suis indigne de vous ! » Le père ému fondit en pleurs, sa fille et les ministres également.
Pour rentrer au palais, il fallait passer par un petit bourg où un criminel était attaché. Yao demanda au garde : « De quel crime l’accuse-t-on ? » Le garde répondit : « Avoir volé de la nourriture. » Yao demanda au coupable : « Pourquoi avez-vous volé de la nourriture ? » Le coupable répondit : « Il y a eu une sécheresse chez nous, nous n’avons pas eu de récoltes. » Yao demanda alors au garde : « Attachez-moi, car c’est moi qui le rends coupable. » Le garde et les ministres se mirent à genoux à la hâte. Un ministre dit : « Cela n’a rien à voir avec vous, il a commis un crime parce qu’il n’y avait pas de nourriture à cause de la sécheresse ! » Yao répondit : « Le peuple est incapable de résister à la calamité, c’est ma responsabilité ; s’il vole quand il n’y a pas de nourriture, c’est moi qui ne l’ai pas bien instruit. Comment peut-on dire que cela n’a rien à voir avec moi ? » Yao commanda donc aux ministres de l’attacher et il se mit debout à côté du coupable. Les gens venaient de partout pour regarder, ils étaient très touchés, on les entendait pleurer. Tout à coup, une dizaine de personnes sortirent de la foule, elles se mirent à genoux devant Yao, confessèrent tous les crimes que chacune d’entre elles avaient commis et exprimèrent leur volonté d’accepter la punition.
Après le retour des ministres qui étaient partis enquêter sur les conditions de vie du peuple, Yao parla à tous les ministres dans la salle d’audience de la chaumière : « Il y a des gens qui souffrent de faim, qui n’ont pas de vêtements à mettre, qui sont en train de commettre des crimes, tout cela est ma faute, je vais avouer ces crimes pour qu’on examine mes fautes envers le peuple. » Les ministres réagirent en masse : « Si le peuple ne vit pas bien c’est parce qu’il y a trop de calamités, le peuple doit apprendre la patience pendant cette période difficile. » Mais Yao dit: « Le peuple est dans la gêne, il ne faut pas se soustraire à nos responsabilités à cause des calamités, par contre il faut chercher en soi les raisons de ce mal. Je ne peux pas me plaindre que le peuple ne soit pas patient, il faut que je réfléchisse sur mes torts dans ma façon de gouverner le pays. »
Quelques jours plus tard, Yao fit convoquer une assemblée populaire. Le peuple pouvait exprimer des critiques envers l’empereur, lui montrer ses fautes.
Puisque Yao aimait le peuple, qu’il se mettait à sa place constamment, qu’il menait une vie simple et recherchait sa propre responsabilité chaque fois qu’un problème se présentait, il était aimé et respecté de tout le monde. Ainsi, peu à peu le peuple vécut de plus en plus dans l’aisance et on pouvait entendre partout les éloges de Yao.
Les réalisations de Yao
Si le terme statistique, lié à la notion d’Etat, est relativement récent (issu du latin statisticum, il apparaît à la fin du XVIIe siècle), l’activité de recueil de données est très ancienne et répond aux besoins d’organisation et de gouvernement des grands empires : dénombrements liés en particulier, à l’armée, aux impôts et à l’estimation des richesses. C’est un élément de contrôle comme le sont les levés topographiques ou cadastraux.
Les premiers recensements connus apparaissent sur les tablettes d’argile sumériennes, pour des listes d’hommes et de biens, 3000 ans avant notre ère. On rapporte qu’en 2238 av. J.-C., l’empereur chinois Yao organise le recensement des productions agricoles. Vers 2500 av. J.-C., en Egypte, une lourde administration gère l’impôt et le cadastre. Désignant une année par l’un de ses évènements remarquables, on peut lire dans certains textes égyptiens des expressions du type “au commencement du temps du deuxième recensement du bétail”. Les Incas tenaient, eux, leurs statistiques agricoles à l’aide de cordes de couleur.
Il va de soi que sous un empereur comme Yao , les réalisations sont nombreuses
C’est pourquoi nous y consacrerons des chapitres individuels : le jeu de go et le calendrier
Mais il y a aussi la protection du territoire qui donnera lieu à deux autres chapitres