6 juillet 2009...16 04 56 0756

4ème partie : les asiates , Chapitre 24 – Les autodafés

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4ème  partie : les asiates

Chapitre  24  – Les autodafés

 

 autodafé

 

Les autodafés

Autodafé : cérémonie d’exécution des jugements de l’Inquisition en Espagne et dans l’Empire espagnol.

Les coupables ( impies, juifs ou hérétiques ) devaient abjurer leurs erreurs.

Ceux qui refusaient étaient brûlés vifs

Suppression solennelle par le feu d’un objet que l’on condamne : Faire un autodafé des livres condamnés

Même si Qin n’a pas innové avec son autodafé des livres de Confucius , c’est malheureusement , le sort commun dans l’histoire des livres qui n’ont pas l’heur de plaire aux dictateurs

Akhenaton

En l’Egypte, au XIVe siècle avant notre ère. Akhenaton, une fois devenu pharaon, fait détruire à Thèbes les textes qui lui sont antérieurs. C’est bien sûr une affaire politique : pour mieux assurer le passage au monothéisme, il élimine tout ce qui faisait référence à un autre système de pensée. Puis il s’installe à Amarna, crée sa propre bibliothèque. Mais à sa mort les prêtres de Thèbes lui rendent la pareille et brûlent ses livres.

 Assourbanipal

L’autre destruction très ancienne est celle de la bibliothèque assyrienne d’Assourbanipal, roi d’Assyrie, mort vers 625 avant J.-C. C’est un roi mystérieux. On n’en aurait jamais entendu parler si justement on n’avait retrouvé une partie de sa bibliothèque en 1860. Quatorze ans après sa mort, sa ville et son palais sont investis par une coalition. Les plafonds s’effondrent et la bibliothèque se retrouve en miettes. Il s’écoule vingt-cinq siècles avant sa découverte par les Anglais, qui, par ignorance, prennent ces galettes de terre cuite pour des ornements bizarres. Ils ramassent le tout, en vendent une partie, expédient le reste au British Museum, où l’on s’aperçoit qu’il s’agit de textes considérables : l’« Epopée de Gilgamesh », le récit de la Création, le mythe d’Adapa, le premier homme. Mieux, on découvre l’existence de ce roi merveilleux qui recherchait les textes de façon systématique, les organisait et les recopiait lui-même.

 Qin

L’empereur Qin a réuni les six royaumes, unifié l’écriture, construit la muraille. Mais, pour être solide, cet effort d’unification, unique au monde, doit aussi éradiquer la mémoire. C’est ce qu’explique à Qin son conseiller Li Si : « Qui se réfère au passé est fragile. – Alors abolissons le passé », lui répond Qin. On détruit donc l’Histoire. Et ce n’était pas n’importe quoi, mais tout l’âge d’or de la philosophie chinoise, de Confucius à Lao-tseu, fondateur du taoïsme. Tout cela était déjà écrit, avec gloses et commentaires. Quatre cents intellectuels s’insurgent, Qin les fait enterrer vivants. Ceux qui refusent de rendre leur bibliothèque sont envoyés sur la muraille pour « monter la garde la nuit et construire le jour ».

La bibliothèque d’Alexandrie

La bibliothèque d’Alexandrie fut fondée vers 297 av.JC, prés des palais royaux avec le musée, maison des muses, sous l’un des héritiers d’Alexandre, Ptolémée I Soter ( Roi en 305-282 av.JC ) sur les conseils de Démétrios de phalére.

Installées dans le quartier de Bruchium près du palais royal, deux bibliothèques se côtoient. La plus importante faisait partie du muséion foyer des savants, la seconde, annexée au temple de Sérapis, le Serapeion, aurait compté 43 000 volumes

Le Museion aurait brûlé lors de l’insurrection contre César en 48 av.jc, sous Cléopâtre VIII

(-51-30). En fait, seul des entrepôts contenant du blé et des livres destinés à l’exportation auraient brûlé. Antoine et Cléopâtre auraient transporté au Serapeion la bibliothèque des Attalides en compensation.

Moines copistes et christianisme

l’intolérance religieuse du christianisme a mis en place les moines copistes , qui après l’avoir recopié et censuré , détruisaient l’original

Peu d’ouvrages ont pu échapper à cette censure

Et quand aux restes de la bibliothèque d’Alexandrie : le Serapeion fut aussi incendié en 390 par les Chrétiens et par Amr Ibn el As général arabe en 642 et en 645.

Torquemada

C’est avec l’Espagne que le mot autodafé, d’origine portugaise, entre dans le vocabulaire commun. Le premier autodafé est discret, il a lieu en 1490, organisé par Torquemada, l’inquisiteur général, dans son couvent de Salamanque : 600 volumes taxés de judaïsme. En 1499, à Grenade, on baptise de force 3 000 musulmans

On les oblige à apporter leurs livres. On organise une grande fête à laquelle la population est conviée. L’Inquisition sera redoutablement efficace.

 

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Après avoir expulsé les juifs et les Arabes, l’Espagne exporte cet esprit d’intolérance vers le Nouveau Monde, qu’elle vient de découvrir.

Résultat : tous les livres mayas et aztèques sont anéantis.

La révolution française

Sous la Révolution française, ce qui est arrivé aux livres est symptomatique de l’événement. On centralise le pays : les ouvrages venus de province affluent donc vers Paris, dans le but d’un grand classement.

Mais l’incurie règne, plusieurs millions de livres pourrissent, on utilise même le papier pour les cartouches à canon.

Ainsi disparaît le système français des bibliothèques privées.

Puis, durant la Commune, par haine du bourgeois, les communards brûlent les bibliothèques de l’Hôtel de Ville, du Conseil d’Etat et du Louvre, qui inclut les collections des rois ainsi que les livres interdits et censurés.

 Berlin

En 1933, d’après le principe « Le livre, juif, communiste, doit être détruit. » C’est le grand autodafé du 10 mai 1933, à Berlin. Des dizaines d’autres suivront , avec parade, chants et torches

 Bagdad

A Bagdad , lors de l’invasion de l’Iraq par l’armée américaine , les américains ont protégé le ministère du pétrole, mais ont laissé piller la bibliothèque nationale et tous les musées  …

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