4ème partie : les asiates
Chapitre 24 – Les autodafés

Les autodafés
Autodafé : cérémonie d’exécution des jugements de l’Inquisition en Espagne et dans l’Empire espagnol.
Les coupables ( impies, juifs ou hérétiques ) devaient abjurer leurs erreurs.
Ceux qui refusaient étaient brûlés vifs
Suppression solennelle par le feu d’un objet que l’on condamne : Faire un autodafé des livres condamnés
Même si Qin n’a pas innové avec son autodafé des livres de Confucius , c’est malheureusement , le sort commun dans l’histoire des livres qui n’ont pas l’heur de plaire aux dictateurs
Akhenaton
En l’Egypte, au XIVe siècle avant notre ère. Akhenaton, une fois devenu pharaon, fait détruire à Thèbes les textes qui lui sont antérieurs. C’est bien sûr une affaire politique : pour mieux assurer le passage au monothéisme, il élimine tout ce qui faisait référence à un autre système de pensée. Puis il s’installe à Amarna, crée sa propre bibliothèque. Mais à sa mort les prêtres de Thèbes lui rendent la pareille et brûlent ses livres.
Assourbanipal
L’autre destruction très ancienne est celle de la bibliothèque assyrienne d’Assourbanipal, roi d’Assyrie, mort vers 625 avant J.-C. C’est un roi mystérieux. On n’en aurait jamais entendu parler si justement on n’avait retrouvé une partie de sa bibliothèque en 1860. Quatorze ans après sa mort, sa ville et son palais sont investis par une coalition. Les plafonds s’effondrent et la bibliothèque se retrouve en miettes. Il s’écoule vingt-cinq siècles avant sa découverte par les Anglais, qui, par ignorance, prennent ces galettes de terre cuite pour des ornements bizarres. Ils ramassent le tout, en vendent une partie, expédient le reste au British Museum, où l’on s’aperçoit qu’il s’agit de textes considérables : l’« Epopée de Gilgamesh », le récit de la Création, le mythe d’Adapa, le premier homme. Mieux, on découvre l’existence de ce roi merveilleux qui recherchait les textes de façon systématique, les organisait et les recopiait lui-même.
Qin
L’empereur Qin a réuni les six royaumes, unifié l’écriture, construit la muraille. Mais, pour être solide, cet effort d’unification, unique au monde, doit aussi éradiquer la mémoire. C’est ce qu’explique à Qin son conseiller Li Si : « Qui se réfère au passé est fragile. – Alors abolissons le passé », lui répond Qin. On détruit donc l’Histoire. Et ce n’était pas n’importe quoi, mais tout l’âge d’or de la philosophie chinoise, de Confucius à Lao-tseu, fondateur du taoïsme. Tout cela était déjà écrit, avec gloses et commentaires. Quatre cents intellectuels s’insurgent, Qin les fait enterrer vivants. Ceux qui refusent de rendre leur bibliothèque sont envoyés sur la muraille pour « monter la garde la nuit et construire le jour ».
La bibliothèque
d’Alexandrie
La bibliothèque d’Alexandrie fut créée par l’un des généraux
d’Alexandre , Ptolémée Ier
En -288 , il fit construire le Museîon : palais des muses ,
comportant une université , une académie et la bibliothèque
Le Museîon aurait brûlé lors de
l’insurrection contre César en 48 avant J.C. , sous Cléopâtre VIII
En fait, seul des entrepôts contenant du blé et des livres
destinés à l’exportation auraient été brûlés
Antoine et Cléopâtre auraient transporté la bibliothèque au
Serapeion auparavant
Le Serapeion fut incendié en 391 lors de la révolte des
chrétiens contre les romains , sous motif qu’il s’agissait d’un temple païen
Les restes du Serapeion auraient été brûlés par Amr Ibn el
As en 642 , sur les ordres du calife Omar
Même si cela était vrai , il ne devait pas rester
grand-chose le la bibliothèque originale , après son déménagement du Museîon
vers le Serapeion , puis de son incendie ravageur en 391
Cette dernière destruction a été véhiculée par Albufarade ,
évêque d’Alep en 1286
Il a pu se baser sur les récits des historiens arabes Abd
al-Latif , Ibn al Kifti et Ibn Khaldoun qui ont effectivement attesté cet autodafé en 1203
Mais cela semble plutôt relever de la propagande
L’histoire raconte que le calife Omar déclara les livres
comme superflus si leur contenu était en accord avec le Coran , et pernicieux
dans le cas contraire
Les livres auraient alors été brûlés dans les chaudières des
hammams de la ville
Cette légende a sans doute été alimentée par la prise de
Césarée de Palestine par Amr Ibn el As en 640
Isidore de Séville décrit et atteste un fonds de plus de
30.000 manuscrits précieux dans la bibliothèque de la ville de Césarée de
Palestine en 629
Lors de la prise de la ville , 11 ans plus tard , il y eu
plus de 30.000 personnes qui ont été massacrées et la précieuse bibliothèque a
brûlé , sans que l’on puisse affirmer qu’il s’agisse d’un autodafé ou d’une
conséquence de la bataille
Exactitude des chiffres
Il faut bien sûr relativiser les chiffres
La propagande les a toujours déformés , il n’y a qu’à regarder les chiffres du nombre des manifestants , selon les chiffres du gouvernement ou des manifestants …
Un ratio de 5 parait être la norme …
Dans l’histoire , les musulmans affirment pour la bataille d’Alexandrie , que pour gagner la bataille , ils n’étaient que 5 000 face à plus de 100 000 ennemis …
il est raisonnable de penser que 7 000 et 15 000 doivent être plus proches de la vérité
Pour la bataille de Césarée , l’exagération avantage les deux partis :
Pour les musulmans , il s’agit de montrer l’importance de leur action pour valoriser leur armée et inspirer la crainte à l’ennemi :
5 000 manuscrits et 5 000 personnes sont devenus 30 000 et 30 000 …
Pour les croisés , augmenter les chiffres , tend à prouver la barbarie des musulmans pour galvaniser les troupes
Moines copistes et
christianisme
l’intolérance religieuse du christianisme a mis en place les
moines copistes , qui après les avoir recopiés et censurés , détruisaient les
originaux de tous les livres connus
Peu d’ouvrages ont pu échapper à cette censure
Torquemada
C’est avec l’Espagne que le mot autodafé, d’origine portugaise, entre dans le vocabulaire commun. Le premier autodafé est discret, il a lieu en 1490, organisé par Torquemada, l’inquisiteur général, dans son couvent de Salamanque : 600 volumes taxés de judaïsme. En 1499, à Grenade, on baptise de force 3 000 musulmans
On les oblige à apporter leurs livres. On organise une grande fête à laquelle la population est conviée. L’Inquisition sera redoutablement efficace.

Après avoir expulsé les juifs et les Arabes, l’Espagne exporte cet esprit d’intolérance vers le Nouveau Monde, qu’elle vient de découvrir.
Résultat : tous les livres mayas et aztèques sont anéantis.
La révolution française
Sous la Révolution française, ce qui est arrivé aux livres est symptomatique de l’événement. On centralise le pays : les ouvrages venus de province affluent donc vers Paris, dans le but d’un grand classement.
Mais l’incurie règne, plusieurs millions de livres pourrissent, on utilise même le papier pour les cartouches à canon.
Ainsi disparaît le système français des bibliothèques privées.
Puis, durant la Commune, par haine du bourgeois, les communards brûlent les bibliothèques de l’Hôtel de Ville, du Conseil d’Etat et du Louvre, qui inclut les collections des rois ainsi que les livres interdits et censurés.
Berlin
En 1933, d’après le principe « Le livre, juif, communiste, doit être détruit. » C’est le grand autodafé du 10 mai 1933, à Berlin. Des dizaines d’autres suivront , avec parade, chants et torches
Bagdad
A Bagdad , lors de l’invasion de l’Iraq par l’armée américaine , les américains ont protégé le ministère du pétrole, mais ont laissé piller la bibliothèque nationale et tous les musées …
Faut corriger votre article, est-ce que vous avez des preuves que Omar Ibn El Ass a brûlé le reste de la bibliothèque? quelques historiens occidentaux et coptes ainsi arabes ont confirmés que les musulmans n’ont pas brûlés. Je peux vous donner le documentaire, et on peut aussi consulter la prise de la Syrie et Jérusalem si les musulmans ont brûlés quoique ce soit ou empêcher les chrétiens ou juifs de pratiquer leurs religion.
J’espère bien que vous allez corriger ça.
mon email : sayabaz@gmail.com
bonjour monsieur
tout d’abord je tiens à vous remercier de votre message me signalant une erreur dans mon livre , même si je n’ai pas apprécié l’agressivité avec laquelle vous me signalez cette erreur
j’en suis désolé , il s’agit de ma part d’un manque d’étude approfondie du sujet traité
même si c’est un défaut de “jeunesse” , car j’en étais encore qu’au début de mon livre et ne détenait pas l’expérience que cette écriture m’a apportée aujourd’hui , cela ne m’ excuse pas pour autant
j’attache la plus haute importance à la vérification de mes écrits et je ne tiens absolument pas à véhiculer une fausse réalité
malgré tout , l’erreur est humaine , et je ne suis qu’un humain
j’ai donc , après réétude , réécrit les 2 paragraphes incriminés : La bibliothèque d’Alexandrie et Les moines copistes
salutations
fréderic vidal
a
bonjour monsieur
la réflexion génère souvent des corrections et j’ai donc pensé nécéssaire d’ajouter un paragraphe sur la relativité de l’exactitude des chiffrages
salutations
fréderic vidal