
Du haut de Chichen Itza
Histoire du Pop Wuh
Le Pop Wuh, littéralement « livre du temps » ou « livre des évènements » en quiché , est le document le plus important dont nous disposons sur les mythes de la Civilisation maya.
La version dont nous disposons date des années 1550 , soit environ 30 ans après la conquête espagnole
Cette version anonyme, est probablement due à un religieux maya cherchant à conserver une trace d’une tradition orale très ancienne ;
Elle a été écrite en langue maya mais en caractères latins.
Le manuscrit ne fut « découvert » qu’au début du XVIIIe siècle par un religieux dominicain, le père Francisco Ximenez, qui réussit à l’obtenir des indiens quichés vivant près de Chichicastenango.
Il en fit ensuite une traduction , tout en gardant le texte original quiché, ce qui sauvegarda le texte original, le manuscrit ayant ensuite disparu.
Le père Ximenez trouvait que quand le livre parlait de Dieu , dans la traduction qu’il en avait faite , bien sur , qu’il était tout à fait conforme à l’écriture sainte et à la foi catholique !
A partir de ce moment le manuscrit original a disparu !
Les envahisseurs espagnols ont détruit tous les livres et écrits qu’ils ont trouvés
L’évêque Diego de Landa a dit : nous avons trouvé un grand nombre de livres couverts de leurs signes , et comme ils ne contenaient que superstitions et faussetés démoniaques , nous les avons brulés
Il fut l’ordonnateur de la destruction de Mani dans le Yucatan le 12 juillet 1562 où il avait fait rassembler et détruire des milliers d’idoles et de documents (dont 27 ‘’rouleaux’’), obtenus par des méthodes qualifiées d’extrêmes.
Quatre traductions de la copie du manuscrit en quiché du père Ximenez , ont précédé celle d’Adrian Chavez : deux vers l’espagnol et deux vers le français
Elles ont en commun d’avoir été faites par des étrangers au peuple et à la langue ki-tché…
Sur celle de Chavez voici ce qu’en dit Jean-Marie Le Clezio :
Cette nouvelle traduction du grand livre des Maya Ki-Tchè est sans aucun doute la plus authentique.
Adrian Chavez est un Indien ki-Tchè qui a consacré sa vie à l’étude de sa langue maternelle et à corriger les erreurs de transcription
( il est gentil ! je dirais plutôt falsifications ! ) dues au père Francisco Jimenez et aux contresens des précédentes traductions
Vous aller le constater par vous-même , Adrian Chavez a de lui-même pratiqué une auto censure , en parlant à chaque fois d’éléments ou en changeant légèrement les faits , pour que sa version reste « chrétiennement » acceptable !
Car même aujourd’hui , les chamanes mayas doivent se rendre à l’église tous les dimanche sous peine de persécutions !!!!!!
Pop Wuh
Du néant originel, les Dieux décidèrent de créer le monde, de le rendre matériel et de le peupler de créatures afin d’être adorés.
Après la traditionnelle création de la terre, des montagnes, de la flore et de la faune, ils créèrent les premiers hommes à partir de glaise.
Ce premier essai s’étant révélé infructueux, une seconde tentative fut effectuée à partir de bois, mais ces hommes de bois étaient frivoles, vaniteux et paresseux.
Les Dieux les firent donc périr par le moyen d’une pluie de feu
À la fin, une ultime tentative leur fit façonner les hommes à partir de maïs
La race humaine trouva là sa substance définitive, puis quatre femmes furent crées à leur tour
Ces huit humains sont à l’origine de toute la race humaine, ( en fait de toutes les tribus amérindiennes )
On assiste ensuite aux pérégrinations de deux frères jumeaux, Hunahpú et Ixbalanqué, qui vont par le biais du jeu de balle détruire les habitants malfaisants d’un royaume mythologique nommé Xibalbá ( royaume ténébreux situé sous la terre ).
Il est intéressant de noter l’histoire de leur conception par une adolescente vierge, fécondée par le simple contact de sa main avec la salive issue de la tête d’un autre personnage tué par les habitants de Xibalbá.
Mais les dieux prirent peur en voyant les pouvoirs qu’ils avaient conféré à ces nouveaux humains, les hommes de maïs , en principe parfaits , que ces derniers cherchent à les supplanter.
C’est pourquoi ils décidèrent de restreindre leur sens, et de limiter leur vue et leur intelligence.
Ces humains vont alors se diviser et se faire la guerre
Le texte enchaîne sur une histoire généalogique retraçant la vie des descendants des premiers hommes jusqu’aux gouverneurs de la nation maya-quiché.
Cette partie, plus « historique » et moins mythologique, donne de nombreux détails intéressants sur le mode de vie , la structuration politique et les rivalités entre tribus.



