
Balmung , l’épée de Sigmund
L’épée de sigmund
Rerir conquit la gloire sur les champs de bataille et la renommée dans les Conseils
Pourtant son coeur saignait car il n’avait pas de fils
Il implora Odin après avoir sacrifié un coq noir sur une pierre plate où le maître des Dieux grava des runes

- Odin, je suis Rerir le guerrier , je te supplie debout, les bras croisés, devant le cadavre du coq : fais en sorte que les sourires et les cris de colère d’un enfant donnent une vie à ma maison
Odin, maître des Choses secrètes, dépêcha à la femme de Rerir un messager porteur d’une pomme
- Femme, mords dans cette pomme et tu auras un fils
Ainsi Rerir eut-il un garçon qu’il appela Volsung
Des années durant, le monde du Nord retentit des exploits de Volsung, qui dépassait en bravoure les plus valeureux des bersekers
Volsung eut un fils, qu’il appela Sigmund
Comme Volsung et ses gens fêtaient la naissance du garçon, un homme noir et maigre entra dans le hall et demanda la corne de bière de l’hospitalité

Volsung lui tendit une corne cerclée d’argent, pleine d’hydromel
- Bois dans la corne de mon père Rerir, étranger ! Jamais il n’y en eut de si glorieuse
L’homme noir vida la corne avant que Volsung eût achevé sa phrase
- J’ai trempé ce jour même mes lèvres au breuvage d’une autre corne, Volsung
Très loin d’ici, au pied de l’Arc-en-Ciel
Je garde encore sur les lèvres un goût de fer et de farine grillée, de racine calcinée et de dent de vieux sanglier, de poil d’écureuil et de sang desseché
Volsung comprit que ce voyageur solitaire avait bu à la corne des Dieux
Il l’invita à prendre place dans le fauteuil aux montants sculptés
L’étranger refusa
- J’ai fêté la naissance d’un enfant dans la demeure des Dieux
Des feux de joie illuminaient les immenses salles et les fumets des viandes montaient jusqu’aux plafonds faits de boucliers d’or
L’enfant s’appelle Tyr et il sera un dieu.
Volsung et ses convives burent à la gloire du jeune Tyr
L’étranger s’approcha du berceau où dormait Sigmund et prononça ces paroles mystérieuses :
- Volsung, la vie de ton fils Sigmund sera le reflet du tumultueux destin du dieu Tyr
Il dessina un signe au-dessus de l’enfant, s’enveloppa de son manteau et disparut dans la nuit sans saluer l’assemblée
Le temps venu, Volsung mourut, alors que Sigmund dépassait sa vingtième année
Sigmund avait la haute taille, la large poitrine, l’humeur altière des hommes de sa race
Les sagas célébraient déjà ses faits d’armes, les jeunes filles cherchaient à attirer son regard, les guerriers chevronnés, blanchis sous le casque conique et la brogne de cuir, le citaient en exemple
Dans le tourbillon des épées, Sigmund était le meilleur
Les amis de son père évoquaient parfois le voyageur maigre et noir qui s’était penché sur son berceau et avait placé le nouveau-né sous le signe du dieu Tyr, maître de la vaillance…
Un soir d’hiver, Sigmund et une vingtaine de compagnons veillaient dans la grande salle du château d’Inglingar, buvant et devisant, assis en cercle autour d’une souche de sapin qui constituait le centre de ce fort, bâti sur l’emplacement d’une forêt
Un homme entra sans se faire annoncer
Maigre, noir de teint, il laissait son manteau flotter sur ses épaules
Il déboucla son épée et, sans effort apparent, l’enfonça jusqu’à la garde dans la souche du sapin
- Elle appartiendra à celui qui aura la force de l’arracher à ce tronc
Il dédaigna d’en dire plus et se retira, furtif comme une ombre, laissant les guerriers ébahis
Hengist, maître d’Inglingar, tenta le premier l’épreuve
L’épée ne bougea pas d’un quart de pouce
Hrolf l’Ours, à la force prodigieuse, serra la garde avec tant de vigueur que les jointures de ses doigts blanchirent
Il n’ébranla pas la lame
Leif, Olaf, Thorkel le Roux, dix autres encore échouèrent
On parlait d’enchantement et de sorcellerie.
Vint le tour de Sigmund
Quand il posa la main sur la poignée de bronze, ornée de signes, une onde de chaleur parcourut son corps, et il sut que le souffle de Tyr était en lui
Il dégagea l’épée de la souche, aussi facilement qu’il l’eût ôtée du fourreau
Hengist lui mit une main sur l’épaule
- J’aimerais connaître le nom de ce visiteur du soir, Sigmund , le Destin est en marche
Dès lors, la vie du héros apparut comme le reflet du destin du dieu Tyr
L’épée rendit Sigmund invincible
Il combattit les Danois et les Germains
Il repoussa les Lapons jusqu’aux terres glacées où naissent les aurores boréales
Il enchaîna Sigval, le bersek révolté, sur un iceberg
Il défit les Angles, les Irlandais et porta la guerre dans les pays du sud ensoleillé où des pommes d’or mûrissent sur les arbres toujours verts
Sa vie ressemblait à un torrent tumultueux roulant des rochers et des troncs, grossi sans cesse de nouvelles eaux
Quand Sigmund pensa à regarder en arrière, ses cheveux grisonnaient
Il revint alors dans sa demeure du Störe Borge et sa femme lui donna un fils, qu’il prénomma Sigurd
Une nuit, il rencontra en rêve le dieu Tyr
Une lumière dorée tombait de la voûte d’une caverne
Des oiseaux de feu passaient comme des éclairs
Tyr, assis sur un amoncellement de fourrures, conversait avec Sindri, le nain magicien de la montagne du Spartalheim
- Je demande l’aide de tes nains forgerons, Sindri
Il faudrait qu’ils me fabriquent une chaîne assez forte pour entraver Fenrir, le loup géant, qui devient un danger pour les habitants du Valhöll
- Il n’est pas de chaîne qui résiste à la fureur du grand loup, Tyr… tu sais qu’il a brisé tous les fers dont on l’avait chargé…
Le nain réfléchit un long moment, la tête entre les mains
- Nous tresserons un lien que Fenrir ne pourra pas rompre
Oui, un lien qui sera fait de six choses… en une nuit nous pouvons terminer l’ouvrage, Tyr , fais-moi confiance
Les nains se mirent au travail
Ils tressèrent ensemble le pas d’un chat, la racine d’un rocher, la barbe d’une femme, l’âme d’un poisson, la fiente d’un oiseau et le soupir d’un ours
Ainsi obtinrent-ils un cordon de cent pieds de long qu’ils désignaient sous le nom de Gleipnir et dont Tyr éprouva la résistance
La caverne s’effaça et, dans le brouillard de mer, apparut l’île Armwartner qui dépendait du royaume d’Odin
Le loup Fenrir et les Dieux étaient face à face
Tyr tenait le lien Gleipnir.
- Fenrir, dit-il, nous t’avons lié avec des cordes suiffées et tu as brisé ces amarres
Nous t’avons entravé avec des chaînes et tu as rompu ces fers
Je te défie de venir à bout de ce lien que je rapporte des terres du Nord
A moins que tu ne refuses l’épreuve, par crainte d’Odin…
Fenrir, le museau sur les griffes des pattes avant, redoutait quelque piège
La prudence luttait contre l’orgueil
Brusquement il se dressa, les poils hérissées, ses prunelles jaunes lançant des éclairs
- Je ne crains ni Odin, ni Thor, ni les autres Dieux
Je consens à être lié, mais à une condition… Que l’un de vous place une main dans ma gueule, tout le temps que durera l’épreuve
Si les Dieux cherchent à me passer le licol, je trancherai de mes crocs cette main jusqu’au poignet
Les Dieux se regardèrent, embarrassés
Tyr tendit sa main droite
- Voici ma main en gage de bonne foi
Thor, Njord et Aegir enserrèrent le loup dans la tresse magique de Sindri
Fenrir se débattit de toute sa force sauvage, bondissant, se roulant, hurlant… Le lien ne céda pas
Les Dieux riaient, heureux de voir leur mortel ennemi réduit à l’impuissance
Les crocs se refermèrent sur la main de Tyr
Le sang jaillit dans la gueule du loup

Tyr avait laissé sa main droite dans l’aventure
Il se tourna vers Thor :
- Attache-le à un rocher, lanceur de foudre… Fenrir ne pourra plus nuire jusqu’au combat du Ragnarok… J’ai sacrifié ma main pour que la menace du Mal fût écartée
Sigmund se réveilla, en proie à un vague malaise
Sigurd jasait dans son berceau
Ce même jour, comme le héros visitait ses troupeaux, il fut assailli par sept brigands à la lisière de la fôret
Des flocons paresseux tombaient sur les herbes jaunies
Sigmund se battit avec ardeur et tua les brigands
La neige à présent recouvrait les prairies, adhérait aux hautes branches des sapins
- Quelle est donc la signification de ce rêve ? s’interrogeait Sigmund. Tyr voulait-il m’avertir d’une fin prochaine ?
Un homme noir et maigre, flottant dans un manteau sombre, sortit du bois
Il brandissait une lance au fer étincelant
Sigmund courut sur l’adversaire, pensant que c’était là le chef de la troupe
Il porta un coup de son épée
La lame se brisa en deux sur le bois de la lance
Une étrange faiblesse minait le corps du héros
Il reconnut alors le voyageur qui, une nuit d’hiver, avait enfoncé l’épée magique dans la souche d’Inglingar
L’oeil unique brillait d’un calme éclat
- Odin, murmura t-il en tombant dans la neige
- Sigmund, le temps est venu de passer la frontière de la vie
Je fus là à ta naissance et je te consacrai au dieu Tyr… Je suis là aujourd’hui pour t’aider à passer dans le monde des morts
Les monstres et les géants se lèvent et grondent
Le grand combat de la fin des temps approche
Le dieu Tyr aura besoin de tous ses braves…
Sigmund sourit
- Je suis prêt… Je m’assoirai à la table des Dieux pour boire le vin âpre et fort de la gloire
Je n’ai d’autre ambition que d’être le reflet de Tyr à la cuirasse d’argent
Odin étendit son manteau sur le héros
- N’as-tu pas un souhait que je pourrais exaucer sur cette terre, Sigmund ?
Le fils de Volsung s’appuya sur un coude
- L’épée ! qu’on soude les deux parties… Qu’on rapporte l’épée à mon fils Sigurd, afin que se perpétue la saga des Volsung
Odin sourit
- Je le ferai
A la nuit, un homme maigre et noir se penchera sur le berceau de ton fils
Ainsi mourut Sigmund
Les flocons tombaient dru
Et, dans le ciel, la charge des Walkyries éclata comme un roulement de tonnerre
Les messagères de la Mort ouvraient au héros les portes d’or et d’ivoire du Valhöll…
Balmung
Balmung fut donnée par Wayland le forgeron à Odin , ce dernier l’enfonçant dans l’arbre Branstock , un chêne dans le Palais de Volsung
Odin déclara alors que celui qui pourrait l’arracher , ne connaîtrait que la victoire sur les champs de bataille
Neuf des princes de Volsung essayèrent mais seul le plus jeune y parvint
Son nom était Sigmund
Cette épée fut offerte par Wotan à la lignée des Volsungs
L’épée fut brisée contre le bois de Gungnir , la Lance d’Odin
Elle fut plus tard reforgée par Regin , pour vaincre le dragon Fafnir
Siegfried dans son voyage au pays des Burgondes fut attaqué par le nain Alberich
Alberich était le gardien du trésor des Nibelungen , et comme Siegfried lui laissait la vie sauve, il lui proposa une partie de ces richesses , dont la célèbre épée
Légendes atlantes et asiates
Ça vous dis quelque chose cette épée enfoncée dans la souche ?
Excalibur , l’épée du roi Arthur …….
Il est à remarquer que tous les objets soi disant magiques , ont toutes un nom , en fait pour indiquer leur particularité par rapport à un objet similaire , qui lui n’a pas ces propriétés
magiques ….
Aussi , vous aviez remarqué bien sur , que la bière était un breuvage sacré , comme chez les autres populations atlantes …
D’autre part , on voit bien que toutes les légendes et mythes qui nous sont parvenus à ce jour , en fait ne sont pas des légendes , mais des récits historiques remaniés , bien souvent par des populations qui ne pouvaient comprendre la technicité utilisée , retraçant la vie des atlantes et des asiates de l’époque -8000 à -4000 before present , avec les moyens technologiques qu’ils possédaient
Thor et Skrymir
On raconte qu’un jour Thor décida de défier les géants dans leur propre pays
Il lui fallait pour cela traverser le Jotünheim et se rendre à Utgard, la cité du roi Loki
Thor prit la route en compagnie du rusé Loki et d’un humain de Midgard, Thialfi
Thor et ses compagnons marchèrent longtemps et, un soir dans une forêt, ils s’arrêtèrent pour la nuit dans deux cavernes isolées, l’une très grande, l’autre plus petite
La nuit fut difficile, les cavernes étant secouées à intervalle régulier par un inexplicable tremblement
Le matin Thor sortit de l’abri et remarqua un être gigantesque endormi sur le sol de la forêt Les ronflements de ce Géant était responsable de la mauvaise nuit qu’ils venaient de passer !
Thor n’était pas un être patient : il boucla la ceinture qui doublait sa taille et ses forces, empoigna son marteau Mjollnir et s’apprêta à faire payer au géant le prix de sa colère
Mais à ce moment, le Géant s’éveilla
- Quel est ton nom, Géant ?, demanda Thor
- Je suis Skrymir
Je ne te demande pas ton nom car moi je t’ai reconnu, Thor d’Asgard… Mais que font tes amis dans mon gant ?
La grande caverne où ils avaient passé la nuit était en fait le gant du géant !
- Je vais à Utgard rendre visite au roi, dit Thor
- Très bien, déclara Skrymir, nous pourrons faire route ensemble, je me rends moi aussi dans cette direction
Je vais porter vos bagages afin que nous avancions plus vite
Joignant le geste à la parole, Skrymir fit un ballot de toutes les affaires et le jeta sur son épaule
Suivre le géant toute une journée constitua une épreuve pour les trois voyageurs et ils furent heureux de voir arriver la tombée de la nuit
Le géant déclara qu’il n’avait pas faim et qu’il voulait dormir, laissant Thor et ses compagnons s’occuper de leur repas
Thor ramassa alors le ballot du géant, s’efforçant de le dénouer
Mais malgré sa force et ses efforts, il n’y parvint pas
Pris d’une rage folle, il prit son marteau, monta sur la tête du dormeur et lui asséna un coup terrible ! Le géant se retourna, murmurant dans son sommeil qu’une feuille avait dû tomber d’un arbre
Ces propos décuplèrent la colère de Thor
Il brandit Mjollnir haut vers le ciel et frappa très fort sur le haut du crâne du géant
Mais une fois encore Skrymir ne se réveilla pas et murmura qu’un gland venait de lui tomber sur la tête
Alors Thor, au comble de la fureur, balança plusieurs fois son arme terrible et frappa de toutes ses forces la tempe du géant
Cette fois, Skrymir s’éveilla et dit :
- Remettons-nous en route, ami Thor
Ici, pas moyen de dormir, des oiseaux font leur nid dans cet arbre et je n’arrête pas de recevoir des ramilles
De plus, je suis sûr que tu as hâte d’arriver à Utgard et d’admirer la cour du roi
Tu y verras de sacrés gaillards ; figure-toi qu’ils m’ont surnommé “Petit Bonhomme” !
Après une nouvelle journée de marche, les trois voyageurs arrivèrent enfin à Utgard
Skrymir les avaient quittés peu avant
Ils entrèrent dans le palais du roi et Thor s’avança hardiment entre les rangées de géants, jusqu’au trône du roi qu’il salua
- Bonjour, petit moucheron
Est-ce possible que tu sois le puissant Thor d’Asgard ? Tu dois être beaucoup plus fort que tu ne le parais !
Thor ne répondit rien et le roi ajouta :
- Sache que personne n’est admis à ma cour s’il ne surpasse les autres par l’un de ces talents
En quels domaines excellez-vous, toi et tes compagnons ?
Loki s’avança alors :
- Je suis capable de manger plus et vite que n’importe qui !
Utgard-Loki répondit :
- Alors tu mangeras, petit !
Et Loki se retrouva bientôt face à une auge en bois pleine de viande
Face à lui se trouvait un géant nommé Logi
Le duel commença
Loki avait faim et il était un solide mangeur
Pourtant il dut s’incliner
Car si lui et Logi étaient arrivés exactement au milieu de l’auge, Loki n’avait mangé que les os et la viande, alors que Logi avait également dévoré le bois !
- J’espère que vos exploits vont rattraper l’échec de votre ami
Que sais-tu faire, petit ?, dit Utgard-Loki, se tournant vers Thialfi
- Je ne suis pas un Ase, je ne suis qu’un simple humain du Midgard
Pourtant je cours vite ! répondit Thialfi
- N’en dis pas plus, j’ai là un adversaire à ta mesure
Il s’appelle Hugi. dit le roi
Il fut décidé que la course aurait lieu dans la salle, les concurrents devant aller jusqu’à un but donné avant de revenir à leur point de départ
Hugi triompha aisément, Thialfi n’ayant même pas encore atteint le but lorsque le géant passa la ligne d’arrivée !
- J’ose espérer que tu feras mieux que tes compagnons, Thor d’Asgard
Dans quel domaine te sens tu prêt à accomplir un haut fait ? demanda Utgard-Loki
Thor répondit :
Je bois mieux que quiconque
- Alors, tu boiras ! Voici une coupe
La vider d’un seul coup peut être considéré comme un exploit
La plupart d’entre nous la boivent en deux gorgées, les petits buveurs la vident en trois
Thor regarda la coupe, elle était assez grande mais il doutait fort d’avoir besoin de plus d’une gorgée pour la terminer
Il but alors une grande gorgée
Mais lorsqu’à bout de souffle il reposa la coupe, il constata comme tous que le niveau avait à peine baissé
- C’était une belle gorgée mais cela restait une gorgée ordinaire ! Sans doute comptes-tu achever la coupe à la deuxième gorgée… dit Utgard-Loki
A ces mots Thor empoigna la coupe et but beaucoup plus longtemps ! Mais lorsque suffoquant à nouveau, il reposa la coupe, il constata que le niveau n’avait pas beaucoup plus bougé !
- Oh, oh ! Tu te réserves pour la troisième gorgée ? demanda le roi
Cette fois, Thor souleva haut la coupe mais curieusement sans pouvoir l’amener au dessus de la tête comme il l’aurait souhaité
Puis il but longtemps, très longtemps
Mais lorsque pour la troisième fois il reposa la coupe, il constata que si le niveau avait bien baissé, la coupe était encore loin d’être vide
Malgré cela, Thor déclara qu’il ne voulait plus boire
- On dirait que tu n’es pas le champion que nous imaginions ! Peut-être veux tu nous défier dans un autre divertissement ? dit le roi des géants
- Chez les Ases, on n’aurait pas pris mes gorgées pour de petites gorgées, reconnut Thor, quel autre défi me proposes-tu ?
- Les gamins de la ville s’amusent parfois à soulever mon chat du plancher, dit Utgard-Loki, peut-être ce genre d’exploit est-il à ta mesure…
Thor ne répondit rien et se dirigea vers le chat dans le but de le lancer à travers la salle
C’était un chat gris de belle taille mais Thor ne pensait pas avoir beaucoup de mal à le soulever
Il mit les deux mains sous le ventre du chat et tira
Mais malgré tous ses efforts, il parvint juste à faire décoller une patte du sol !
- C’est normal, dit Utgard-Loki, tu es un être chétif et mon chat est en vérité assez gros
- Thor entra alors dans une colère indescriptible :
- Que l’un d’entre vous ose me défier en combat singulier et vous verrez si je suis chétif !
- Calme-toi, petit
Aucun d’entre nous ne voudrait un tel avorton pour adversaire
Je peux juste te proposer une lutte avec ma vieille nourrice Elli
Elle est âgée mais cela l’amusera sans doute de lutter avec Thor d’Asgard !
Thor accepta, se promettant d’éjecter la vieille avant de défier le roi
Une vieille femme s’avança alors et s’aggrippa à Thor
Ils luttèrent un moment d’avant en arrière
Mais, sur une poussée plus brusque, l’Ase fut contraint de poser un genou à terre
Aussitôt Utgard-Loki ordonna l’arrêt du combat, craignant de voir son hôte blessé
- Il est maintenant clair que vous ne nous égalez en rien, déclara le roi, cependant il est tard et je vais vous accordez l’hospitalité jusqu’à l’aube
Mais il faudra alors partir tous les trois
Thor et ses compagnons furent alors royalement fêtés par Utgardloki et sa cour tout le reste de la nuit
Au matin, le roi en personne les raccompagna aux portes de la ville et demanda :
- Alors, Thor, que penses-tu de ta visite chez nous ? As-tu rencontré quelqu’un de plus puissant que les Ases ?
- Je ne peux pas prétendre avoir acquis beaucoup d’honneur pendant ce voyage, admit Thor, et je ressens une grande tristesse à l’idée que tu vas dorénavant me considérer comme un parfait avorton
- Maintenant que nous sommes à l’extérieur de ma ville, Thor, je dois te dire une chose
Moi vivant, tu ne mettras jamais plus les pieds dans Utgard ! J’ai eu la peur de ma vie et j’ai cru que tu allais tous nous anéantir

- Tu te moques de moi ! s’écria Thor
- Pas du tout
En fait depuis le début, toi et tes amis avaient été victimes de mes illusions
J’étais le géant Skrymir que vous avez croisé dans la forêt
Et si tu n’as pas réussi à dénouer mon ballot, c’est parce qu’il était noué magiquement
Au sujet des coups que tu as cru me donner, sache que j’ai placé une montagne entre moi et ton marteau
Et chacun de tes coups, dont le moindre m’aurait ôté la vie, a créé une profonde vallée
Concernant les épreuves que vous avez subies, je te dirais ceci
Il n’est pas étonnant que Loki ait été battu par mon Logi quand il s’est agi de manger
Logi n’est autre que le Feu qui dévore tout sur son passage
Et Hugi qui a battu ton serviteur à la course est en fait la Pensée, que rien ne peut dépasser
Ensuite lorsque tu as bu dans ma corne, j’ai fait tremper son autre extrêmité dans l’océan
Tu as bu tellement que les mers se sont retirées des rivages, ce qui s’appellera désormais le reflux des marées
Quant à mon chat, derrière l’illusion se trouvait Jormungand, le serpent du Midgard qui encercle la terre
Tu l’as soulevé si haut qu’il a presque touché les cieux, nous avons tous tremblé à cette vue
Enfin, ma vieille nourrice Elli n’était autre que la Vieillesse à laquelle nul ne peut résister
A ces mots, Thor brandit son marteau pour fracasser le roi
Mais Utgard-Loki et sa ville disparurent dans un éclat de lumière, révélant une plaine herbeuse et déserte.
Thor fit volte-face et lui et ses compagnons rentrèrent à Asgard sans mot dire et sans se retourner
Ainsi s’acheva l’expédition de Thor au Jotünheim, le pays des Géants
Les dieux
On voit bien dans cette légende que personne ne portait de culte aux dieux
On les appelles dieux parce qu’ils viennent d’ailleurs …
Et si on les craint , c’est uniquement parce que leurs moyens technologiques leurs donnent la puissance de destruction …




